Le domaine de Boutavent

Situé sur un éperon rocheux dominant la forêt de Paimpont, le site du château médiéval de Boutavent s’étend sur plus de deux hectares à 6 km au sud du bourg d’Iffendic. Depuis plusieurs années, les vestiges de l’ancien château font l’objet de recherches pour mieux comprendre et mettre en valeur les vestiges. Ce site archéologique est également un conservatoire des paysages où se côtoient la forêt, la lande et le bocage. Une relique des paysages agricoles anciens avant l’introduction des machines et les remembrements opérés à partir des années 1960.

Un bref historique

Les premiers textes signalant le château datent du début du 13e siècle. Le mobilier découvert confirme l’occupation la plus ancienne à la fin du 12e siècle. Les éléments d’architecture mis au jour : tours et ouvertures, permettent d’estimer une datation de la première moitié du 13e siècle, voire de la fin du 12e siècle.

La propriété des seigneurs de Montfort

Du 13e au 14e siècle, le château appartient aux seigneurs de Gaël-Montfort. Il fait partie de l'ensemble des possessions de la famille de Montfort avec les châteaux de Comper, Montfort, Montauban et Gaël. Selon les historiens, il s’agit d’un château où Guillaume II se réfugie vers 1198, après la destruction du donjon de Montfort par Alain de Dinan. La possession de Boutavent par les seigneurs de Montfort est attestée par un acte de donation de l’abbaye de Montfort signé par Guillaume II dans l'aula* de Boutavent en 1213 (*grande salle où se déroulent les principaux évènements de la vie publique d’un seigneur).

Au Moyen-Âge, le château de Boutavent n’est pas isolé. Il fait partie d’un domaine où les seigneurs de Montfort exercent leurs droits. Autour du château : étangs, moulin, garenne, bois, métairie, village, parc… forment l’environnement du site castral. Sa superficie importante de 6 500 m2 est comparable à celles des châteaux de Châteaugiron et Vitré qui avoisinent les 5 000 m². Cela montre bien qu’il était le symbole d’un pouvoir et d’une organisation sociale et économique importante.

Le mystère des ruines

Le site est probablement occupé jusqu’au 14e siècle voire 15e siècle puis abandonné au profit de la nouvelle cité fortifiée de Montfort. Les documents d’archives signalent qu’il est déjà en ruines au 16e siècle et sert de carrière de pierres. Les circonstances exactes de la destruction de Boutavent restent mystérieuses.

Les principaux acteurs impliqués dans la gestion du site

  • Montfort Communauté pilote chaque année des phases de sondages et de restaurations pour mieux comprendre la physionomie du château et mettre en valeur les vestiges enfouis. Des visites et animations pédagogiques sont également mises en place.
  • Le Service Régional d’Archéologie (SRA) du Ministère de la culture est très impliqué dans le suivi du projet. Il autorise et conseille les services communautaires pour les travaux à entreprendre et sur la méthode à suivre pour les réaliser.
  • Le CERAPAR (centre de recherches archéologiques du pays de Rennes) effectue les sondages et les nombreux relevés topographiques qui ont permis de découvrir Boutavent sous un jour nouveau.
  • L’entretien du site est assuré par le chantier d’insertion Eureka. La gestion des espaces verts et de l’environnement fait partie intégrante de la gestion du site archéologique.

Sauvegarde, stabilisation et valorisation du site archéologique

L’état actuel du site est la conséquence de son évolution durant tout le Moyen-Âge et le résultat d’une récupération des pierres du 16e au 19e siècle. Son état actuel ne permet d’avoir qu’une vision en plan.
Lors des phases de restauration, les murs sont remontés sur des hauteurs limitées. Il n’est en effet pas possible de s’avancer sur les élévations ou le modèle des ouvertures choisi à l’époque. Le but n’est pas de reconstruire le château mais de pouvoir observer son plan global. Les zones archéologiques qui ne sont pas encore explorées restent volontairement enfouies sous la végétation pour les protéger.

Service Action Culturelle
Cécile DELARUE
Tel : 02 99 09 77 29

cecile.delarue@montfortcommunaute.bzh

 

En 2002, le site est inscrit à l’inventaire général du patrimoine culturel de Bretagne. Il est acheté par la commune d’Iffendic et devient une réserve archéologique. Depuis 2005, il est entretenu, restauré et rendu accessible au public par Montfort Communauté.